Résidences passées

 

Martial Verdier, photographe, mars 2013

« Sauf…(territoires) »

 Artiste parisien, connu des milieux photographiques du monde entier, Martial Verdier est spécialiste de la photographie ancienne du calotype. Il interroge passé, présent et avenir par la réalisation d’images évoquant la restitution d’un instant de vie. Explorant depuis quelques années les sites industriels de l’hexagone, c’est tout naturellement que Martial Verdier a été choisi, dans le cadre du GR 13 par l’association « Par ce passage…infranchi » conventionné par Marseille-Provence 2013 pour venir à Port-de-Bouc étudier les territoires du golfe de Fos. Il offre un regard nouveau sur les sites industriels locaux par une approche photographique parfois pictorialiste invitant au songe et à la rêverie. L’exposition restitution présentée au Centre d’Arts Plastiques du 13 au 27 avril 2013 a proposé la mise en valeur d’une partie des photographies développées durant la résidence, associées à un diaporama résumant l’ensemble de son travail in situ.

 

Sabine Massenet, vidéasteavril 2013-juillet 2014

            Dans le cadre du GR 13, Sabine Massenet a été choisie par l’association « Par ce passage…infranchi » pour venir à Port-de-Bouc proposer une démarche plastique venant à la rencontre des habitants de la ville. Adepte du mystère, elle poursuit un mode opératoire précis qui lui a valu d’obtenir le prix Scam 2013 de l'œuvre d'art numérique pour l'installation "Image Trouvée", réalisée en Seine Saint-Denis. Tout commence par une simple carte où est portée l’inscription « Si vous trouvez cette image veuillez écrire à l’adresse suivante…»
Sabine Massenet dépose ses messages énigmatiques comme d’autres jettent des bouteilles à la mer. Glissés au hasard, ils sont le départ d’une aventure à la rencontre de témoins anonymes... A Port-de-Bouc, après la région Parisienne et Marseille, l’exploration se poursuit… Son travail, accompagné de celui de toute l'équipe de "Par ce passage infranchi", dont Martial Verdier (ancien résident au centre d'arts) sera présenté dès le 5 décembre 2014 au Centre d'Arts

 

Daniel Clauzier, photographeavril-août 2014

Daniel Clauzier est historien de l'art et photographe basé à Poitiers (découvrez son travail ici: www.danielclauzier.com) . Jeune artiste montant du milieu de l'image (nombreuses expositions en France et à l'étranger, soutien de la part de FRAC...etc), il s'installe à Port-de-Bouc en 2014 pour travailler autour de la réinterprétation contemporaine des techniques photochromiques du théoricien Port-de-Boucain Léon Vidal. Il s'intéresse au rapport entre le pouvoir de l'image et le regard porté sur la personnalité de l'artiste en associant attachement à la tradition de l'histoire des arts et besoin viscéral d'interpénétration dans le monde contemporain. Sa résidence à Port-de-Bouc s'inscrit dans les journées européennes du Patrimoine 2014 et se veut un contrepoint à la grande exposition consacrée à Port-de-Bouc au XIXème siècle et la famille Vidal organisée par le Service Culturel. Elle est une réinterprétation contemporaine des recherches du théoricien de la photo et notamment du Trésor artistique de la France publié en 1878. Utilisant les technologies moderne de la prise de vue numérique au smartphone et au reflex, les techniques de découpages et de retouches, il recrée l’univers des expérimentations à la fois techniques (photochromie) et artistiques (photographies d’œuvres d’art) de Léon Vidal en jouant sur les niveaux de réalité photographiques. 

Eve Pietruschi, plasticienne, février-août 2015

             Dans le cadre de l’organisation des Journées du Patrimoine 2015 consacrées à « Port-de-Bouc de 1939 à 1945 », une projet de conception d’art contemporain est soutenu par le Centre d’Arts Plastiques Fernand Léger.  L’objectif est d’associer à l’exposition patrimoniale conçue par le Service Culturel de Port-de-Bouc, le regard d’un artiste contemporain sur la thématique, venant travailler directement au contact de la ville. Jeune plasticienne résidant à Nice, Eve Pietruschi s’est spécialisée dans le rapport entretenu entre la vision contemporaine des évolutions architurales et l’empreinte teintée de nostalgie des friches urbanistiques. Le visiteur est ainsi invité à méditer sur un lien passé/présent un peu étrange qui n’est pas sans évoquer l’ambiance magique et scientifique des cabinets de curiosité. Le projet s’articule autour de la mémoire de lieux port-de-boucains au tournant du XXème siècle, quand la physionomie du paysage urbain, principalement industriel, se modifie et que la ville entre dans l’ère de la modernité. Les photographies anciennes ainsi que des repérages photographiques contemporains, constituent la base du travail, où se sont associées des recherches effectuées en partenariat avec le service architectural de la commune (plans, relevés…etc). Ce lien ténu à la notion d’archive, que constituent les photographies d’espaces industriels, en friches, est la base de la démarche plastique d’Eve Pietruschi. Elles définissent tout un champ lexical, une base de données. Elles sont, par la suite, réinterrogés, réinterprétés au travers du dessin. Celui-ci prend différentes formes sur divers supports (papiers, tissus, verre).

Pour visionner la vidéo réalisée par Laurent Bourderon pour la rubrique "le Mur dans le miroir", des Editions Analogues spécialisées dans la diffusion de l'art contemporain, vous pouvez copier-coller le lien ci-dessous:

http://www.analogues.fr/?p=7981

 

Nathalie Hugues (peintre), Martine Derain (photographe) et Claire Dutrait (écrivain), septembre-décembre 2015

Un partenariat est conçu avec le cinéma le Méliès de Port-de-Bouc pour l’accueil d’artistes plasticiens issus du groupe marseillais “Film’Flamme” en résidence sur la ville entre 2015 et 2017 pour réaliser des projets artistiques avec la population locale. Dans ce contexte, Nathalie Hugues, artiste-peintre, ayant déjà fréquenté le Centre d’Arts à l’occasion de la première édition du “Talent’Art”,  la photographe Martine Derain, et l'écrivain de Toulouse Claire Dutrait ont commencé leurs recherches en septembre 2015, afin de concevoir un projet d’art urbain d’envergure à partir d’un vocabulaire de formes architecturales locales.

Une Rencontres d'Artistes, "Des artistes dans la cité"

avec Nathalie Hugues et Martine Derain, a été organisée le mercredi 9 mars dans le cadre des journées de la femme

Le Centre d'Arts présente le travail à mi-parcours Nathalie Hugues et Martine Derain. Ce fut l'occasion, dans le cadre d'un atelier d'artiste éphémère, de rencontrer les artistes, d'appréhender leur travail et de s'immerger dans leur propos plastique.

 

Delphine Wibaux, plasticienne, août 2015-janvier 2016

Dans le cadre de l’ouverture du 150ème anniversaire de la fondation de la commune de Port de Bouc, le Centre d’Arts Plastique Fernand Léger a accueilli Delphine Wibaux.

           Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Marseille en 2014 et connaissant un début de carrière prometteur la conduisant à exposer de la  France à la Chine, Delphine Wibaux a souhaité proposer une installation associant productions plastiques contemporaines et vestiges archéologiques afin de rendre hommage à l’un de nos trésors culturels, l’épave de Fournon. L’épave de Fournon se trouve à l’intérieur du Golfe de Fos, à une profondeur de 8,50m. Elle a été  découverte en 1956 par Max Boscolo, puis déclarée par Guy Fournon. On date son naufrage vers 50 av.J.-C. Lors de la fouille de 1979, la cargaison avait presque entièrement disparue, il ne restait plus que le matériel qui se trouve sous le plancher de vaigrage : des céramiques campaniennes, ainsi que des amphores Dressel. Certaines portaient l’estampille MAHE qui a permis par recoupement de connaître l’atelier de fabrication : Albinia en Toscane actuelle. Les pièces présentées dans l’exposition, pour la première fois au public, sont propriété de l’État (le DRASSM : Département des recherches subaquatiques et sous-marines) et mises en dépôt dans les collections du golfe de Fos, notamment Port de Bouc. Dans son travail, Delphine Wibaux utilise différents medium (image, sculpture, installation, écriture et expérimentation sonore) afin de mettre au point ce qu’elle nomme des « captations ». Ces prélèvements, majoritairement effectués en pleine nature, décrivent une volonté d’extraire certains évènements invisibles ou inaudibles par des procédés alliant l’expérience scientifique à une approche poétique de la phénoménologie. Ses transferts, minutieuses entreprises de déplacement d’une image ou d’un son captés dans le paysage vers des surfaces en constante dégradation, apparaissent comme une manière d’établir une liaison fragile entre l’infini astral et les ressources terriennes les plus modestes.

Pour visionner la vidéo réalisée par Laurent Bourderon pour la rubrique "le Mur dans le miroir", des Editions Analogues spécialisées dans la diffusion de l'art contemporain, vous pouvez copier-coller le lien ci-dessous:

http://www.analogues.fr/?p=8213

Patrick Raphael, peintre, janvier-juin 2016

       Patrick Raphael a fréquenté les ateliers du Centre d’Arts dans le but de proposer un travail directement inspiré par l’atmosphère port-de-boucaine pour produire une exposition-restitution où étaient mis à l'honneur les codes du street art et de la BD. Dans le contexte du 150ème anniversaire de la ville on la redécouvre aux travers de références liées à la culture pop et au monde de l'enfance si chers à l'artiste, se réclamant lui-même de la figuration narrative et plus particulièrement de la figuration apostrophe.

 

Brigitte Bauer, Jean Christophe Béchet, Sophie Goullieux, Martial Verdier, Nicole Chayne, Kevin Lapeyre et Gael Bonnefon, photographes, janvier-avril 2016

          En vue de la préparation de "Et Port de Bouc s'est éCriée...", une exposition photographique en partenariat avec les Rencontres d'Arles, consacrée à la mise en valeur de points de vue d’artistes sur la physionomie actuelle de la ville de Port-de-Bouc, et qui a lieu de façon totalement inédite à la Criée, friche industrielle fermée depuis 2009, 7 photographes ont été sélectionnés à l'issue d'un appel à projet national. Ils ont été retenus par un jury de partenaires de l'événement composés des Rencontres Photographiques d'Arles, de l'Ecole Nationale Supérieure de photographie, de la présidente du Club Photo Antoine Santoru, de la professeur de photographie du Centre d'Arts Rebecca Saurine et de l'artiste Pascal Navarro.

        Gael Bonnefon, originaire de Toulouse, propose avec sa série « Docker Station » une installation photographique (et vidéo, avec le travail complémentaire de Matilda Holloway) où triomphent les effets d’ambiance et d’atmosphère quasi mystiques rendus par des points de vue audacieux et une technique argentique granuleuse. Ses errances commencées sur le territoire avec le groupe Film Flamme du Polygone étoile de Marseille l’ont conduit sur les traces de marins éloignés de chez eux, se croisant au foyer qui leur est destiné à Port de Bouc et qu’il immortalise dans une présentation où l’homme se fait globalement absent pour faire triompher la puissance esthétique des terres locales. Malaise, interrogations ou nostalgie indéfinissable se dégagent de ces espaces appréhendés avec beaucoup de personnalité.

       Nicole Chayne-Salini vit à Port de Bouc depuis de nombreuses années. Spécialiste de la photographie Noir et Blanc à la forte imprégnation humaniste, elle pratique la ville de l’intérieur et rend son point de vue essentiel à l’appréhension complète de toutes les facettes de la cité. Photographe de terrain qui recherche la magie de l’instant où l’être humain est toujours le sujet privilégié, elle a fait le tour du monde pour saisir la beauté de la vie dans sa diversité. Elle propose une installation très personnelle et conviviale, établissant un écho parfait avec une série photographique, proche du reportage, où Port de Bouc se révèle dans toute son humanité.

      Jean-Christophe Béchet avec sa série « la mémoire et la mer » propose le compte-rendu d’une déambulation avec deux jeunes port-de-boucains : Amandine Blaise et Pierre Rubio. Cet artiste marseillais, vivant à Paris, effectue un presque retour aux sources en venant à la rencontre de cette ville qu’il ne connaissait pas. Il en retire des impressions mitigées de vides urbains, de chaleur humaine, d’étrange fascination pour un lieu où peu s’arrêtent mais qui se laisse apprivoiser pour qui le veut bien. Ses compositions très structurées où s’affirme son goût pour la ligne et la géométrie formelle révèlent des sujets et des points de vue connus que l’on redécouvre sous un angle inédit et émouvant.

        Martial Verdier a choisi de s’intéresser à une « archéologie du territoire », en associant une dimension clairement mémorielle, que ce soit par les lieux choisis ou la technique photographique employée, avec un support-bâche fondamentalement moderne. Ce photographe parisien, au savoir-faire très scientifique, est un spécialiste d’un type de photographie ancienne : le calotype. Dans le travail effectué à Port de Bouc, il joint ce procédé à des insertions numériques pour fournir des images au rendu très pictorialiste né de la fixation sur le papier d’effets atmosphériques immortalisés par les poses longues. Ses photographies dégagent une douce poésie, une sensation de rencontre fortuite entre passé et présent dans un travail où l’esthétique a un poids aussi fort que le message à portée patrimoniale, lié à la trace de l’homme.

       Kévin Lapeyre, jeune plasticien avignonnais, est le seul artiste de l’exposition à ne pas avoir produit de photographie au sens strict mais à s’être plutôt plongé dans la matérialité de la technique argentique. Avec « Pied et main liés », il s’est emparé des tirages photographiques argentiques couleurs d’habitants, récupérés ici et là au gré des rencontres, et a apposé sa technique d’allègement des couches colorées pour faire cheminer sur le papier un parcours cartographié du territoire, très calligraphique. Son travail traite de l’action du temps, de la destruction de l’image et de sa renaissance. Il est ainsi au croisement de la notion d’archive, de mémoire et de plasticité contemporaine.

     Sophie Goullieux enseigne l’art photographique à Beauvais et a poursuivi à Port de Bouc une série commencée en Normandie, intitulée « Emblématiques ». Elle travaille le genre ancestral du portrait où elle questionne la notion de représentation et d’apparence de jeunes gens, de travailleurs…etc rencontrés au gré de ses balades urbaines, dans des paysages locaux peu communs. Toutes ses photographies ont un leitmotiv : une pose frontale avec un miroir en forme de blason, symbole médiéval de la ville, permettant ainsi un jeu amusant de champ et hors champ paysager, où chacun se positionne sur son lien avec la cité. La dimension très plastique de la série, mais aussi profondément sociale par toutes les interrogations qu’elle soulève sur notre rapport à l’actuel à l’image et à notre place dans la civilisation occidentale, est un discours essentiel à l’échelle de Port de Bouc.

     Brigitte Bauer travaille à Arles. Elle propose une scénographie parfaitement intégrée au lieu qui l’accueille par une alternance de photographies très grands et petits formats permettant au spectateur de plonger littéralement au cœur d’un théâtre créé pour laisser s’exprimer l’intensité des cadrages et de la lumière, dans une filiation directe aux règles classiques de composition picturale. Elle offre une balade urbaine où l’homme se fait discret et laisse la place à la puissance des lieux, parfois bien connus de la population, qu’elle réinterprète par un travail esthétique d’un grand raffinement (suivez le fil rouge !) et des points de vue au premier abord anodins et pourtant si riches de sens.

Pour visionner la vidéo réalisée par Laurent Bourderon pour la rubrique "le Mur dans le miroir", des Editions Analogues spécialisées dans la diffusion de l'art contemporain, vous pouvez copier-coller le lien ci-dessous:

http://www.analogues.fr/?p=8477

     

 

 

 

 

 

 

 

Anne Goyer, peintre-dessinateur, 2014-2016

         Dans l’optique des journées du patrimoine 2016, le Centre d’Arts Fernand Léger et la Municipalité de Port-de-Bouc se fait le porteur d’un projet d’importance auprès de l’artiste avignonaise Anne Goyer: réaliser une exposition à la mémoire de l’Exodus afin de célébrer les valeurs de la solidarité humaine. Jeune plasticienne très impliquée dans le rapport de l’art à l’environnement urbain, Anne Goyer réalise des portraits monumentaux à la poudre de graphite de témoins des épisodes de l'Exodus à Port de Bouc. Elle a également mis en place des ateliers auprès des jeunes de la ville pour les sensibiliser à sa démarche plastique et à cet aspect de l’histoire de Port-de-Bouc.

 

Jeff Grimal, artiste-peintre, mai 2017

        Pétri d’inspirations littéraires fantastiques et étranges allant d’Edgar Allan Poe à Isaac Azimov en passant par le célèbre Howard Philipp Lovecraft, Jeff Grimal produit une œuvre à la dimension illustratrice affirmée où s’épanouit un monde dessiné et pictural au pouvoir hypnotique et ensorcelant évoquant la peinture contemplative et immersive d’artistes du début XXème siècle comme Nicolas Roerich, giger, Beksi?ski. Jeff Grimal envisage l’art de façon transdisciplinaire et mène de front une carrière artistique mais aussi musicale qui se rejoignent souvent, notamment par la production d’identités visuelles de groupes de la scène underground rock. Formé à la technique des grands maîtres de la peinture, Jeff Grimal en a retenu l’amour de la ligne et la spontanéité explosive de la couleur que l’on retrouve dans l’ensemble de sa production qu’elle soit à caractère figuratif ou plus abstrait.  Ses compositions abyssales, où s’exprime une palette aux tonalités bleues/vertes laissant parfois s’échapper quelques rehauts carmin et ocre brun, invitent à une évasion souvent dérangeante. L’artiste conçoit des mondes extraterrestres, hors du temps, qui font le lien entre l’écho antique de civilisations secrètes et celui de cités futures englouties ou volcaniques, à la monstruosité parfois inexplicable. La résidence entamée au Centre d’Arts Fernand Léger a permis la production d’un ensemble homogène d’œuvres où l’inspiration maritime des lieux a fait surgir des compositions abyssales aux tonalités bleues/vertes venant compléter un travail préalable qui prend tout son sens dans la scénographie.

 

Karine Rougier, peintre-dessinateur, avril-septembre 2017

      S’imprégnant de l’identité culturelle de Port de Bouc de mars à septembre 2017, Karine Rougier propose une réinterprétation personnelle des fonds artistiques de la commune.  Elle a conçu un grand dessin s’intégrant à l’exposition « Voir et Savoir(s) » qui rejoint  les collections de la ville ainsi qu’une exposition monographique personnelle parallèle au Centre d’arts Fernand Léger révélant  tout l’imaginaire et l’onirisme de son univers puisant son inspiration dans les œuvres picturales, photographiques, sculpturales et dessinées de Port de Bouc. Karine Rougier vit et travaille à Marseille. Elle pratique le dessin, qu’elle envisage comme une sorte de carnaval, dans une échappée hors du sens. Puisant la matière de ses compositions dans une collection de personnages et d'objets (animaux, homoncules, masques ou chimères), elle les détache de leurs fonctions ou de leurs occupations. Elle récupère des images trouvées sur des emballages, des cartes votives, couvercles de boîtes d’allumettes qu’elle réinterprète dans l’espace de la feuille. Le dessin  prend vie et la figure esquissée piège le regard, car réalité et fiction se mêlent dans un jeu d’illusion, de suspens. Chaque dessin est appréhendé comme un cadavre exquis où l'artiste fait mine d'ignorer ce qui se trouve à l'autre extrémité du trait. Les figures se prolongent en d'autres figures, les traits prennent des formes qu'ils échangent ensuite pour d'autres. Il y a là une affinité avec l'écriture automatique qui ouvre d'autres portes, à la manière de ces yeux qui semblent éclore sur la page. En cela, la feuille vierge est le terrain qui permet au dessin d’apparaitre fortuitement, parfois à son corps défendant. Le vide est donc essentiel à la prolifération du trait et l'espace qui l'entoure en isole les figures. Il offre un lieu sans ordre, ni hiérarchie, où le dessin peut s'étendre, tel un organisme qui ne répondrait qu'à ses propres lois. La feuille n'est donc pas seulement un support, elle est le milieu aride ou le dessin peut surgir et flotter, inattendu, insensé, un mirage imprévisible.

http://www.immediats.fr/?p=12070

 

TODEL - Kévin Cardesa, artistes plasticiens (volume, son, optique), janvier 2018

Des antennes réceptrices auscultent en temps réel le rayonnement électromagnétique solaire et saisissent, selon son rythme et son activité, des sursauts d’activités. Ces radiations solaires, analysées à la lumière de références scientifiques du XVIème siècle, sont transposées en ondes acoustiques spatialisées pour le centre d’art, en intégrant ses différentes surfaces, cavités, zones d’ombres et de lumière. Le sol de la terrasse devient une membrane sensible à l’empreinte des vibrations de ces signaux. Les tâches sombres inaudibles maculant notre étoile se déplacent ici, dans cet observatoire sonore à ciel ouvert. A travers une installation protéïforme regroupant nos différentes recherches plastiques et sonores, cet espace nous enveloppe dans une sphère attentive aux orages de bruits, aux pertubations sensorielles, nos oreilles en prolongements, vos corps en dernières lignes...

Todèl: Diplômés de l'ESADMM en 2016 et 2014, Tom Rider et Delphine Wibaux (prix show-room ARTORAMA 2017) composent le duo Todèl. L'installation Dissoudre le lieu a constitué leur point de rencontre en 2012. Depuis, ils arpentent ensemble monts, rivières, rails et chemins de halage. Les propositions personnelles des deux artistes s'agrègent parfois en pistes convergentes, jusqu’à former une parcelle stable accueillant un monde plus vaste. Celui-ci se construit en frontière des repères connus sous forme d'installations immersives sondant nos liens sensibles.  Une résidence de recherche en Ariège a permis à l'installation Delta Aurigide d'émerger à l'aube, dans la forêt de Cadarcet en 2014. En Mai dernier, la Galerie nomade Le Papillon a invité les trois artistes à construire un radio télescope pour capter les sursauts d'activité solaire sur un toit terrasse de Nîmes. La suite de ces recherches seront proposées au Centre d'art de Port de Bouc début 2018. Dans la continuité de ces collaborations,  le duo propose en Décembre 2017 sous le commissariat de Gaël Charbau une nouvelle traversée de Dissoudre le lieu, récolter quelques traces de lumière, investie par Yoshiko Kinoshita, danseuse au ballet de Marseille.  Parallèlement, il a été publié dans plusieurs catalogues, revues et magazines spécialisés, en ligne ou en version papier tel Artpress, Semaine avec les éditions analogue, Teste, Tk-21, Branded, Arts Sacrés, Artai?ssime, ainsi que Point contemporain qui lui offre sa toute premie?re entrevue pour leur revue #4.

Kévin Cardesa: Diplomé de l’ESADMM depuis 2016, Kévin Cardesa commence sa pratique de révélation d’espace de manière immaterielle, au travers d’ondes sonores et lumineuses. Après l’exposition Rêvez  de la fondation Yvon Lambert, à laquelle il participe, en décembre 2016, avec son installation Transcendance, ainsi qu’une résidence à l’ESAA, le même mois, dans le cadre de l’OBS/in, lui permettant de realiser l’installation SuperVision, il part s’installer en Loire-Atlantique pour poursuivre ses recherches au sein des ateliers PCP. Il fera sa première exposition personelle à Nantes en décembre 2017 chez HAUS, au blockhaus DY-10. Sa première installation Emergence à La Compagnie, en duo avec Tom Rider, sera un élément déterminant dans son rapport au travail en collectif, qu’il poursuivra avec le duo Todèl pour l’installation Sursauts solaires.

http://www.immediats.fr/?p=12573

 

Floryan Varennes, plasticien, février-juin 2018

Nourri de références médiévales historiques, d’emprunts à la sociologie de la mode, à l’étude des genres et au monde clinique, le travail de Floryan Varennes pose la question de la représentation et de l’ornementation dans des installations sculpturales puissantes et minimalistes, à la charge évocatrice et sacralisante fortes où le vêtement règne en maître. Porteur d’identité, de mémoire, artefact des sociétés, emblème du corps, féminin comme masculin, le vêtement permet à Floryan Varennes de conjuguer des contraires, l’implicite et l’explicite dans des œuvres qui s’incarnent comme des révélations. L’exposition au Centre d’Arts Fernand Léger a été la confluence d’une recherche sur la belligérance et la répétition de certains motifs. S’entrecoiseront réminiscences médiévalistiques, vêtements du XXIème siècle et réflexions sur l’histoire du travail textile où genre et ictus se confrontent dans un espace/temps coordonné.
L'exposition a fait l'objet d'une parution "Semaine" aux éditions Analogues avec le texte de Marion Zilio (critique d'art)

L'artiste:

Floryan Varennes // Né en 1988 à la Rochelle, il vit et travaille entre Toulon et Paris // www.floryanvarennes.com
Diplômé en 2014 de l'Ecole supérieure d'art et design de Toulon Provence Méditerranée, il intègre le Laboratoire Espace Cerveau - Vers un monde cosmomorphe, Station 1(2) à l'institut d'Art Contemporain de Villeurbanne en 2017.  Il a participé depuis à plusieurs expositions collectives comme Up to date au Musee d'Art de Toulon ou la Biennale des jeunes créateurs d'Europe et Méditerranée à Milan. La galerie du Globe à Toulon l'invite en 2015 à concevoir sa première exposition personnelle, Re-Tenue. Il est cette année même lauréat du prix Elstir pour l'art contemporain. En avril 2016 il expose plusieurs de ces nouveaux travaux sur les vêtements au centre d'art contemporain de Istres avec la Quant la matière devient forme, puis à la Biennale de la jeune création et pendant le Printemps de l'Art Contemporain au Château de Servières à Marseille avec le retour de Biennale de la Méditerranée, Mediterrenea 17. En septembre de cette même année avec l'Afiac - Noir c'est noir, il expérimente un aspect médical de ses recherches. En 2017 il participe à une exposition collective Identity à la Under Construction Gallery à Paris, et à partir de septembre il sera en résidence à Pollen situé à Montflanquin. A la suite de cette résidence, une exposition personnelle et un premier catalogue monographique sont mis en place par Pollen pour la diffusion de son travail. En 2018, il prendra part à une exposition collective sur la figure des sorcières au centre d'art contemporain La Traverse commissionnée par Julie Crenn, et enfin deux expositions personnelles lui permettrons de montrer ses nouvelles recherches. L'une pendant le PAC au centre d'art Fernand Leger avec un projet crossover composé du GMEM et du ballet national de Marseille, l'autre au centre d'art contemporain d’Istres de septembre à décembre pendant Pareidolie sur l'invitation de Catherine Soria. Parallèlement, il a été publié dans plusieurs catalogues, revues et magazines spécialisés, en ligne ou en version papier tel Artpress, Semaine avec les éditions analogue, Teste, Tk-21, Branded, Arts Sacrés, Artaissime, ainsi que Point contemporain qui lui offre sa toute première entrevue pour leur revue #4.

 

NKDM (Nikodem), peintre-dessinateur-graffeur, juin 2018

Artiste visuel, NKDM vit et travaille à Grenoble. Il questionne l’image par son graphisme décalé. Afin d’en définir l’impact, il expérimente toutes sortes de langage qu’il traduit de façon ludique et inventive. Depuis plus de quinze ans maintenant, il multiplie les interventions en réalisant des fresques, des performances, des expositions et des installations. Son goût pour l’expérimentation le rend inclassable même si ses travaux restent proches de la bande dessinée ou du réalisme. Aimant les anachronismes, l’artiste confronte des univers apparemment incompatibles en usant de techniques diverses, le tout teinté d’ironie.
Ayant aujourd’hui délaissé le réalisme pour l’abstraction picturale, la rue reste son domaine de prédilection. Son engagement résulte de cette volonté de disséminer ses compositions visuelles dans les dédales urbains. C’est cette rencontre différée et impromptue avec tout un chacun, sans discrimination aucune, qui fait de sa pratique artistique un acte signifiant. Il s’agit alors de ré enchanter nos villes bétonnées par des lignes austères, réinvestir nos cheminements urbains saturés d’un déferlement d’images continu sous la houlette d’un consumérisme implacable. En créant ainsi des fresques en anamorphose, en effaçant les lignes de perspectives réelles pour en recréer d’autres, plus belles et plus inventives, NKDM laisse à chaque passant la possibilité de retrouver sa capacité d’émerveillement au détour d’une ruelle. Ré enchanter les mûrs, imaginez maintenant ! Tel pourrait être son adage.
C'est dans ce contexte qu'est envisagée la création pour la plage des combattants de Port de Bouc, intégralement mécénée par le milieu entrepreneurial. Imaginant une gigantesque structure de formes géométriques lévitant dans l'espace pour s'agencer avec harmonie dans une évocation de la construction architecturale de la commune, l'artiste conçoit en anamorphose et en trompe l'oeil, une passerelle vers un monde inconnu. Passé-présent-futur? Toute les temporalités se rencontrent dans cette fresque peinte en bombes aérosol et acrylique, déclinant des camaieux de vert, bleu et jaune, couleurs symboliques d'une cité qui s'épanouit entre terre et mer sous un soleil de plomb.

 

Pascal Navarro, plasticien-dessinateur-photographe, mars-septembre 2018

S’imprégnant de l’identité historique et culturelle de Port de Bouc de mars à septembre 2018, Pascal Navarro propose une mise en perspective nouvelle des fonds artistiques et archivistiques de la commune. Il conçoit à la fois un dessin s’intégrant à l’exposition « Vertiges de l’esprit » qui rejoint les collections de la ville ainsi qu’une exposition monographique personnelle parallèle au Centre d’arts révélant toute la nature des recherches de Pascal Navarro relatives à la question de la temporalité et du souvenir. Le projet de l’artiste réactive les liens passés et actuels entre Port de Bouc et sa colonie de vacances à Lure dans une installation qui puise prioritairement son inspiration dans les pièces photographiques du fonds communal et se joue de l’absence de ce sujet dans les œuvres artistiques de la collection.

Pascal Navarro vit et travaille à Marseille. Que ce soit dans les dessins (série Mon amour), la photographie (Châteaux Noirs), les projections (Phosphorescences) ou les volumes (Pétrifications), le travail de Pascal Navarro est traversé par la question de la temporalité avec pour fil conducteur un rapport étroit à l’expérience de l’enfance. Il associe questions formelles et interrogations conceptuelles dans des pièces où la durée prend une place essentielle. Elle peut se traduire par la répétition obsessionnelle de gestes ou l’appel à la dimension mémorielle de sujets ou d’œuvres qui disparaissent avec le temps ou l’impact de la lumière. De manière générale Pascal Navarro travaille sur la question de la trace (persistance fugace) en cours d’effacement, interrogeant le lien présence/absence, mais aussi l’obsolescence inhérente aux choses impactées par le temps qui passe et ne revient pas. Les conditions d’apparition et surtout de disparition des images donnent à lire son intérêt pour le cours du souvenir. L’effacement progressif de la représentation, ou sa mise en oeuvre processuelle, propose au spectateur une expérience visuelle évolutive. Les dessins néguentropiques de Pascal Navarro conçus pour Port de Bouc s’intègrent à une installation ponctuée d’objets mobiliers prélevés sur les lieux de la colonie de Lure devenant des éléments constitutifs de la collection de la ville. Prenant l’apparence première de monochromes noirs, ces dessins suivent un processus de révélation en fonction de l’impact de la lumière ou du temps pour laisser apparaître des images mémorielles sensibles mettant à l’épreuve notre appréhension de l’histoire de la commune et de son fonds artistique.